L’objectif de la Fondation Brownstone est la promotion de la  justice sociale à travers la culture. Puisqu’il n’y a pas de liberté sans culture et sans éducation, la Fondation Brownstone soutient des actions sociales et humanitaires en faveur du développement de la culture et de l’éducation. A ce titre, un des meilleurs exemples d’actions menées pour  défendre la justice sociale sont celles réalisées par le Centre national pour l’éducation sexuelle (CENESEX) à Cuba, dirigé par  Mariela Castro Espìn. CENESEX a fait de la lutte pour le respect de la diversité sexuelle, sa priorité. Le Centre est une maison ouverte à La Havane où l’on croise des jeunes, des transsexuels, des médecins, des chercheurs… qui se consacrent aux questions de genre et de sexualité. Le photographe italien Paolo Titolo a commencé à photographier la réalité cubaine pour le livre  «Cuba va» publié en Italie en 1994. Depuis 2012, Paolo Titolo documente le quotidien des transsexuels cubains liés aux activités de CENESEX. Portraits que nous présentons aujourd’hui. Gilbert Brownstone, Mars 2014

Fátima XXXXXY –  Photographies de Paolo Titolo Eliminons les images, sauvons le désir immédiatement sans arbitraire. Tel était le cri des anarchistes, des marginalistes et individualistes qui défendaient le grand sémiologue Roland Barthes dans son célèbre livre « La chambre lucide ». Les œuvres de Paolo Titolo sont des documents qui vont au-delà du baroque que génère la transsexualité. Ce qu’elles donnent à voir possèdent la sensibilité qui permet d’atteindre et de comprendre le contexte donné. Paolo Titolo ne fausse pas la réalité et même si la réalité est subjective, elle subsiste dans les interstices de l’entendement. Les modèles posent librement, comme une surexposition de ce qui est individuel, comme des traces d’une identité construite dans la plus absolue créativité. Paolo Titolo sait bien construire les plans photographiques pour ne pas distraire le spectateur. Décomposer l’image ne l’intéresse pas. Il préfère surprendre. Son appareil n’assume pas une distance brechtienne, mais laisse plutôt la place à l’évidence des séquences performatives sans fin. Il y a quelque chose qui nous fait sauter au-delà d’une image car Paolo Titolo a su tatouer en pixels la peau de ses modèles. Cet artiste n’isole pas les expériences. Sa formation originale de photojournaliste permet que nous soyons capables de lire les évènements qui nous sont présentés dans ses photographies. Pas besoin de créer une palette de couleurs avec Photoshop. La technique la plus importante qu’il utilise sont les émotions transmises à travers la diversité des psychologies personnelles des modèles photographiés, dans lesquelles le plaisir, la douleur, le bonheur, l’espoir et les incertitudes sont présentées. De ces contrastes émerge le désir dans son acception la plus large d’assumer le risque de leur vie. Ils respirent dans leur réalité, chez eux. Les objets, les détails avec lesquels ils vivent sont autant d’informations, de pistes, révélés dans les photographies pour atteindre le monde intime de ces transsexuels. Paolo Titolo ne les emprisonne pas avec son objectif, il contrôle de manière magistrale ses cadrages mais il est conscient que ce quatrième mur doit être démoli. Le résultat de ce processus créatif fait partie d’une mémoire personnelle d’un artiste qui a vécu de près le travail considérable réalisé par Mariela Castro à la tête du CENESEX. Un projet comme celui-ci ouvre aux intermédiations car il est mis en contact avec les croisements de la psychologie sociale et de la sociologie. Des liens entretenus avec CENESEX voilà le résultat : une exposition dans laquelle il est possible de respirer la folie de l’extase photographique. Jorge Fernandez, Mars 2014

Paolo Titolo Né à Palerme. Entre 1983 et 1990, il travaille comme photojournaliste pour le journal L‘Ora di Palermo. Le travail photographique de Paolo Titolo documente l’histoire de la mafia en Sicile de cette période. Il a été publié dans les principaux journaux italiens et d’autres pays. A partir de 1990, Paolo Titolo collabore avec divers orga-nismes internationaux qui l’amènent à réaliser des repor-tages photo dans différents pays d’Asie, en Amérique latine, en Europe. Ses photographies sont publiées par le magazine Stern, Il Venerdí Di Republica, New York Times, Der Spiegel, Panorama, Marie Claire… Son travail a été présenté dans des expositions individuelles et collectives notamment à Palerme (Italie, 1988, 1990) et Dresde (Allemagne, 1991). En 1990, il commence à photographier la réalité sociale cubaine pour le livre «Cuba va», publié en 1994 en Italie. Année où il s’installe à Cuba. A partir de 2012, il commence à documenter la vie des personnes transgenres liés aux activités du Centre national pour l’éducation sexuelle – CENESEX. Cette exposition est organisée en parallèle du colloque International Genres / Cultures / Sociétés – Questions autour de la transidentité avec la participation de Mariela Castro Espìn, directrice du Cenesex, les 28 et 29 mars à Paris.